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Lexomil (bromazepam) : effets secondaires, dépendance et sevrage

Le Lexomil (bromazepam) est l’un des anxiolytiques les plus prescrits en France, aux côtés de l’alprazolam (Xanax). Comme toutes les benzodiazépines, il est efficace contre l’anxiété mais pose un risque majeur de dépendance. La France est le premier consommateur européen de benzodiazépines — un record inquiétant.

Pourquoi prescrit-on du Lexomil ?

  • Anxiété sévère et invalidante.

  • Crises d’angoisse aiguës.

  • Contractures musculaires douloureuses (effet myorelaxant).

  • Prémédication avant une intervention chirurgicale ou un examen stressant.

Le Lexomil agit en renforçant l’action du GABA, le neurotransmetteur inhibiteur du cerveau. Effet : le système nerveux « ralentit », l’anxiété diminue, les muscles se relâchent.

Les effets secondaires fréquents

Somnolence et fatigue

C’est l’effet le plus courant (20-30% des patients). Le Lexomil sédate : il calme mais il assomme aussi. La somnolence peut persister le lendemain, surtout chez les personnes âgées.

Troubles de la mémoire

  • Amnésie antérograde : difficulté à former de nouveaux souvenirs pendant l’effet du médicament.

  • Troubles de concentration : sensation de « brouillard mental ».

Faiblesse musculaire et chutes

L’effet myorelaxant, utile pour les contractures, peut provoquer :

  • Sensation de jambes en coton.

  • Chutes, particulièrement dangereuses chez les personnes âgées (fracture du col du fémur).

Baisse de la libido

Effet moins documenté mais fréquemment rapporté : diminution du désir sexuel.

Les dangers du Lexomil

Dépendance physique et psychique

C’est le risque numéro un. La dépendance peut s’installer en 4 à 8 semaines d’usage quotidien :

  • Tolérance : besoin d’augmenter la dose pour le même effet.

  • Dépendance physique : le corps ne fonctionne plus normalement sans la molécule.

  • Dépendance psychique : incapacité à gérer l’anxiété sans le médicament.

Sevrage dangereux

L’arrêt brutal après un usage prolongé peut provoquer :

  • Anxiété rebond (pire que l’anxiété initiale).

  • Insomnie sévère.

  • Tremblements, sueurs, palpitations.

  • Dans les cas graves : crises d’épilepsie, hallucinations, état confusionnel.

Règle absolue : ne jamais arrêter le Lexomil d’un coup après plus de 2 semaines d’utilisation.

Interactions mortelles

  • Alcool + Lexomil : risque de coma et d’arrêt respiratoire.

  • Opioïdes (tramadol, codeine, morphine) : combinaison potentiellement létale.

  • Autres sédatifs : somnolence extrême, dépression respiratoire.

Populations à risque

  • Personnes âgées : risque de chutes x3, confusion, démence (usage prolongé associé à un risque accru d’Alzheimer dans certaines études).

  • Conducteurs : interdit de conduire sous Lexomil (pictogramme niveau 3).

  • Femmes enceintes : risque pour le nouveau-né (syndrome de sevrage néonatal, hypotonie).

  • Patients avec antécédents d’addiction : risque de mésusage majoré.

Comment arrêter le Lexomil

Le sevrage doit être lent et progressif, sous supervision médicale :

  1. Réduction de 10 à 25% par palier de 1 à 2 semaines.

  2. Durée totale du sevrage : 4 semaines à plusieurs mois selon la durée d’usage.

  3. Accompagnement par une thérapie comportementale (TCC) pour apprendre à gérer l’anxiété sans médicament.

  4. Si nécessaire, relais par un antidépresseur ISRS (traitement de fond de l’anxiété).

Alternatives au Lexomil

  • Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : aussi efficace que les benzodiazépines sur le long terme, sans effets secondaires.

  • ISRS (paroxétine, sertraline, escitalopram) : traitement de fond de l’anxiété généralisée.

  • Hydroxyzine (Atarax) : antihistaminique anxiolytique, pas de dépendance.

  • Techniques de relaxation : cohérence cardiaque, méditation, sophrologie.

Pour en savoir plus sur le choix du professionnel de santé mentale, consultez notre article psychologue vs psychiatre : qui consulter ?

Conseils pratiques

  • Durée maximale : 12 semaines (incluant le sevrage). Jamais au-delà sans réévaluation.

  • Zéro alcool.

  • Pas de conduite.

  • Dose minimale : commencer par un quart de comprimé pour évaluer la tolérance.

Le conseil Preskri : Programmez vos rappels avec Preskri pour suivre votre décroissance par paliers et ne jamais oublier une étape de sevrage.

Lexomil : questions fréquentes

Le Lexomil est-il addictif ?

Oui. La dépendance physique peut s’installer en 4 à 8 semaines. C’est pourquoi la prescription doit être la plus courte possible.

Peut-on couper le Lexomil en morceaux ?

Oui, le comprimé est sécable en 4. C’est même recommandé pour adapter la dose et faciliter le sevrage progressif.

Lexomil ou Xanax : lequel est le plus fort ?

L’alprazolam (Xanax) est plus puissant milligramme pour milligramme. Le Lexomil a une durée d’action plus longue. Les deux présentent les mêmes risques de dépendance.

Le Lexomil fait-il grossir ?

Pas directement. Mais la somnolence et la diminution d’activité physique peuvent entraîner une prise de poids indirecte.

Sources : ANSM (rapport benzodiazépines 2024), HAS, Vidal. Données mises à jour en mars 2026.

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