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Télécharger PreskriSertraline (Zoloft) : effets secondaires, début de traitement et sevrage
La sertraline (Zoloft) est l’antidépresseur le plus prescrit au monde. Appartenant à la famille des ISRS (Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine), elle est utilisée pour traiter la dépression, les troubles anxieux, le TOC et le stress post-traumatique. Efficace chez la majorité des patients, elle nécessite toutefois de connaître ses effets secondaires — surtout en début de traitement.
Pourquoi prescrit-on de la sertraline ?
Dépression majeure : traitement de première intention recommandé par la HAS.
Trouble anxieux généralisé (TAG) : alternative aux benzodiazépines (Lexomil, Xanax) sans risque de dépendance.
Trouble obsessionnel compulsif (TOC).
Trouble panique avec ou sans agoraphobie.
Stress post-traumatique (PTSD).
Phobie sociale.
La sertraline augmente la quantité de sérotonine disponible dans le cerveau. L’effet thérapeutique complet met 4 à 6 semaines à s’installer — c’est normal et il ne faut pas arrêter avant.
Les effets secondaires en début de traitement
Les 2-3 premières semaines sont souvent les plus difficiles. Paradoxalement, les effets secondaires apparaissent avant l’effet thérapeutique :
Troubles digestifs
Les plus fréquents (20-30% des patients) :
Nausées : l’effet secondaire numéro un. Prendre la sertraline au milieu du repas les réduit considérablement.
Diarrhée : la sérotonine agit aussi sur l’intestin (90% de la sérotonine du corps est dans le tube digestif).
Douleurs abdominales et perte d’appétit transitoire.
Ces effets s’atténuent généralement en 1 à 2 semaines.
Anxiété paradoxale
C’est le piège le plus déroutant : pendant les 7-14 premiers jours, l’anxiété peut augmenter avant de diminuer. C’est un effet connu et transitoire. Le médecin peut prescrire un anxiolytique temporaire pour cette période.
Insomnie ou somnolence
Variable selon les patients :
Insomnie : prendre la sertraline le matin.
Somnolence : la prendre le soir.
Maux de tête
Fréquents en début de traitement (10-15%), ils disparaissent spontanément en quelques jours.
Les effets secondaires persistants
Troubles sexuels
C’est l’effet secondaire le plus problématique à long terme, touchant 30 à 60% des patients :
Baisse de la libido : diminution du désir sexuel.
Difficultés d’orgasme (anorgasmie) ou orgasme retardé.
Dysfonction érectile chez l’homme.
Ces effets sont dose-dépendants. En parler à son médecin : un ajustement de dose ou un changement de molécule peut aider.
Prise de poids
Contrairement aux idées reçues, la sertraline est l’ISRS qui fait le moins grossir. Néanmoins :
En début de traitement : souvent une perte de poids (nausées, perte d’appétit).
À long terme (> 6 mois) : une prise de 2 à 4 kg est possible chez certains patients.
Sueurs
Sueurs nocturnes ou bouffées de chaleur, surtout à doses élevées. Effet gênant mais non dangereux.
Bruxisme
Grincement des dents nocturne, lié à l’augmentation de la sérotonine. Peu connu mais assez fréquent.
Les risques graves (rares)
Syndrome sérotoninergique
Urgence médicale en cas d’association avec d’autres médicaments sérotoninergiques (tramadol, IMAO, triptans). Symptômes : agitation, fièvre, tremblements, diarrhée, confusion. Appelez le 15.
Risque suicidaire en début de traitement
Chez les jeunes adultes (< 25 ans), les ISRS peuvent augmenter les idées suicidaires pendant les 2-4 premières semaines, avant que l’effet antidépresseur ne s’installe. Surveillance rapprochée indispensable.
Hyponatrémie
Baisse du sodium sanguin, surtout chez les personnes âgées. Symptômes : confusion, nausées, maux de tête.
Saignements
La sertraline réduit l’agrégation plaquettaire. Risque hémorragique augmenté, surtout en association avec des AINS (ibuprofène) ou des anticoagulants.
Interactions médicamenteuses
IMAO : contre-indication absolue (délai de 14 jours entre les deux).
Tramadol : syndrome sérotoninergique + convulsions.
Triptans (antimigraine) : risque sérotoninergique.
Lithium : surveillance renforcée des taux.
AINS : risque de saignement.
Alcool : potentialise la sédation, déconseillé.
Comment arrêter la sertraline
L’arrêt brutal peut provoquer un syndrome de sevrage (syndrome d’interruption) :
Vertiges, sensations électriques (« brain zaps »).
Nausées, irritabilité, insomnie.
Symptômes pseudo-grippaux.
Protocole :
Réduction de 25 mg par palier de 2-4 semaines.
Durée totale du sevrage : 1 à 3 mois selon la dose et la durée d’usage.
Ne jamais arrêter un antidépresseur sans avis médical.
Conseils pratiques
Patience : l’effet complet met 4-6 semaines. Ne pas arrêter prématurément.
Au milieu du repas : réduit les nausées.
Horaire fixe : matin si insomnie, soir si somnolence.
Durée minimale : 6 mois après rémission pour éviter la rechute.
Associer une psychothérapie : l’association médicament + thérapie est plus efficace que l’un ou l’autre seul.
Le conseil Preskri : La régularité de la prise est essentielle pour l’efficacité des antidépresseurs. Utilisez Preskri pour ne jamais oublier votre dose et suivre votre traitement sur la durée.
Sertraline : questions fréquentes
La sertraline fait-elle grossir ?
C’est l’ISRS qui a le moins d’impact sur le poids. Une prise de 2-4 kg est possible à long terme chez certains patients, mais beaucoup ne prennent pas de poids.
Combien de temps faut-il pour que la sertraline fasse effet ?
Les premiers effets apparaissent en 2-3 semaines, mais l’effet complet demande 4-6 semaines. Les effets secondaires, eux, arrivent dès les premiers jours.
Peut-on boire de l’alcool sous sertraline ?
Fortement déconseillé. L’alcool est un dépresseur qui contrecarre l’effet du médicament et aggrave la sédation.
Sertraline et grossesse : c’est possible ?
La sertraline est l’ISRS le mieux étudié pendant la grossesse. Elle est considérée comme utilisable si le bénéfice le justifie, sous surveillance médicale rapprochée.
Zoloft et sertraline, c’est pareil ?
Oui. Zoloft est le nom de marque, sertraline est la dénomination commune internationale (DCI). Même molécule, même effet.
Sources : ANSM, HAS (recommandations dépression 2024), Vidal, études cliniques. Données mises à jour en mars 2026.
